Publicis, un groupe, une histoire

Publié le par Perrine

Une agence publicitaire et ses réseaux:

PUBLICIS, un pouvoir...

        Quel rapport entre une bouteille de Coca-Cola, une Carte bleue Visa, un produit pharmaceutique Pfizer, un hypermarché Carrefour, un film Walt Disney, une campagne de recrutement de l’armée américaine, une stratégie d’implantation de Philip Morris en Chine ? Réponse : Publicis, quatrième groupe mondial de communication avec 35 166 salariés, 32,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 3,8 milliards d’euros de revenus et 150 millions d’euros de profits.

=> Une présence mondiale

        Présente sur les cinq continents, dans 109 pays avec près de mille agences, cette multinationale française dispose d’enseignes prestigieuses de publicité sur les principaux marchés depuis qu’elle a acheté l’américain Leo Burnett ou le britannique Saatchi & Saatchi, ou qu’elle s’est alliée au japonais Dentsu. A travers ses campagnes publicitaires et ses services marketing, Publicis se situe au cœur de la consommation mondiale. Fort de ses réseaux Starcom Mediavest et Zenith Optimedia, le groupe, leader mondial de l’achat d’espace publicitaire, détient aussi un pouvoir considérable sur de très nombreux médias dont il peut affecter l’équilibre économique.

=> Une histoire avant tout

        On doit remonter à Publicité 1926 (Publi-Six) pour mesurer le chemin parcouru depuis la création de l’entreprise par Marcel Bleustein-Blanchet. Au siège de Publicis, avenue des Champs-Elysées à Paris, qui jouxte le drugstore du même nom (lequel a rouvert ses portes en février 2004), un restaurant privé baptisé « Marcel » rend un hommage discret au fondateur. Avec ce club fermé où les caciques de Publicis reçoivent grands patrons, décideurs politiques et élite culturelle, le groupe a affiché sa capacité à faire des affaires. Pas seulement avec des slogans publicitaires, mais grâce à un impressionnant réseau de relations.

=> Un homme, à l'origine du succès

      Contrairement à son prédécesseur, dont les contemporains reconnaissaient la patte derrière chaque réclame, M. Maurice Lévy, président du directoire de Publicis depuis 1988, n’est pas un « fils de pub ». Cet informaticien de formation est avant tout un lobbyiste acharné, dont les intérêts relationnels rejoignent presque toujours son portefeuille publicitaire. Au fil des ans, il s’est construit une image de grand patron communiquant parmi ses pairs, porte-parole d’un capitalisme moderne, vivant des honoraires de ses clients et les guidant sur la route de la mondialisation heureuse. Un credo : la confiance. Il la chante sur tous les tons, appelant les patrons à « l’optimisme pour stimuler la demande et réveiller le désir ».

        L’histoire de M. Lévy doit beaucoup au siège de Publicis et à son drugstore. C’est au cours de l’incendie de cet édifice, en 1972, qu’il se fit remarquer par Marcel Bleustein-Blanchet en sauvant les fichiers informatiques des campagnes et les comptes des clients. Après cet incendie, dont on soupçonna l’organisation terroriste palestinienne Septembre noir en dépit de son caractère apparemment accidentel, plus encore après 1974 quand une attaque à la grenade revendiquée par M. Illitch Ramirez Sanchez (« Carlos ») visa le drugstore Publicis de Saint-Germain-des-Prés, l’agence se montre très active contre le terrorisme arabe.

Source: Le monde diplomatique

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